
Relecture d'imagerie médicale
Qu'est-ce qu'une IRM cérébrale anormale ?Par Pascaline Olivier le 24/03/2025
La dysphagie est définie comme une difficulté à avaler avec une sensation de blocage des aliments (solides ou liquides). La dysphagie est en général causée par des troubles de la motricité oesophagienne.
Il existe deux types de dysphagies : oropharyngées ou oesophagiennes, selon le lieu où est répertoriée l’anomalie.
La dysphagie oropharyngée est due à un défaut de transport de la bouche vers l’œsophage, et a en général pour origine une maladie neurologique ou d’atteinte des muscles squelettiques.
La dysphagie oesophagienne n’atteint que l’œsophage et constitue une difficulté à propulser les aliments à travers l’œsophage. Elle est en général liée à une obstruction mécanique ou à un trouble de la motricité.
La dysphagie est une pathologie relativement fréquente, résultant d’une pathologie sous-jacente. Elle peut donc, si elle n’est pas diagnostiquée suffisamment vite, mener à de graves complications, et notamment à la mise en place d’une gastrostomie, extrêmement contraignante pour le patient.
Un deuxième avis permet de poser un diagnostic le plus précocement possible, et donc de déterminer si la dysphagie est oropharyngée ou oesophagienne. Il évite les complications et permet la meilleure prise en charge possible. En effet, le traitement diffère selon le type de dysphagie et selon les individus. Le pronostic des patients atteints de dysphagie se trouve donc amélioré grâce à un deuxième avis.
Mais aussi toutes les questions spécifiques que vous vous posez.
Les spécialistes à consulter pour un deuxième avis dans le cadre de la dysphagie sont :
En général, le premier symptôme d’une dysphagie est une sensation de blocage des aliments plus ou moins haut située : au niveau du cou ou au niveau du thorax.
Parfois, il y a des fausses routes, c’est-à-dire que toute ou partie de ce qui a été ingérée passe dans les bronches : cela se manifeste par de la toux voire une infection pulmonaire.
Si la dysphagie devient chronique, elle peut entraîner une perte de poids.
Si la dysphagie est oropharyngée, on constate des régurgitations nasales et des fausses routes issues de toux.
Lorsqu’une pathologie neuromusculaire est associée, on retrouve des signes comme des troubles de la marche, des tremblements, une faiblesse, une asthénie (fatigue) et des difficultés d’élocution (au niveau de la parole).
Des symptômes digestifs comme une gêne thoracique, un pyrosis (sensation de brûlure partant du creux de l’estomac), des régurgitations alimentaires ou glaireuses sont typiques d’une atteinte de l’œsophage.
Les symptômes comme un phénomène de Raynaud (vasoconstriction), des altérations cutanées et des douleurs musculaires/articulaires orientent plutôt vers un trouble du tissu conjonctif.
Parfois, il peut exister des phénomènes de blocage aigu ou d'impaction alimentaire, c’est-à-dire qu'un aliment se bloque dans l’œsophage empêchant toute prise alimentaire. Il existe souvent des douleurs et une augmentation de la salivation. C’est une urgence qui impose de consulter rapidement, le plus souvent aux urgences de l’hôpital.
Certains signes d’alarme doivent d’emblée attirer l’attention sur une pathologie sous-jacente comme un déficit neurologique focal récent, une perte de poids et des symptômes d’obstruction complète.
Le diagnostic d'une dysphagie repose en premier lieu sur l’anamnèse (interrogatoire précis sur les antécédents du patient) ainsi que sur l’examen clinique.
Le type de dysphagie est diagnostiqué en fonction des symptômes : s’il y a un reflux alimentaire de la bouche ou du nez ainsi qu’une sialorrhée (sécrétion abondante de la salive), cela est typique d’une pathologie oropharyngée.
Si après une compression latérale du cou, on observe des régurgitations de nourriture, cela est spécifique d’un diverticule pharyngé. En outre, il est primordial d’effectuer un bilan neurologique complet. La myasthénie (pathologie neuromusculaire) doit également être recherchée.
Le diagnostic différentiel repose essentiellement sur la confusion avec un globus laryngé, c’est-à-dire une sensation de boule dans la gorge. Cela est complètement indépendant d’une anomalie au niveau du tractus intra-oesophagien.
Une endoscopie oeso-gastro-duodénale ou fibroscopie haute est indispensable et nécessaire pour examiner la muqueuse de l’œsophage, rechercher un rétrécissement (ou sténose) une maladie grave comme un cancer. Si l’endoscopie est normale, des biopsies oesophagiennes (prélèvement de tissu de l’oesophage) doivent être effectuées, pour rechercher une oesophagite à éosinophiles.
S'il n’y a pas de rétrécissement ou de tumeur, une étude de la motricité oesophagienne doit être effectuée.
Le traitement d’une dysphagie repose sur une endoscopie haute si l’obstruction est totale.
S’il s’agit d’un anneau ou d’une sténose, une dilatation endoscopique est mise en œuvre.
Si la cause de la dysphagie est un trouble de la motricité, des traitements adaptés sont parfois possibles lors d’une endoscopie.
En outre, s’il s’agit d’une dysphagie oropharyngée, une rééducation spécialisée peut être mise en place. De plus, le changement de position de tête, lorsque les sujets atteints d’une dysphagie ingèrent des aliments, peut également être bénéfique.
Dans les cas les plus sévères, lorsque les fausses routes sont répétées, les patients atteints peuvent avoir une gastrostomie (sonde dans l’estomac et sortant au niveau de la paroi abdominale qui permet d’administrer directement les nutriments dans l’estomac.)
Mise à jour le 05/10/2023 Revue par le Professeur Benoit Coffin
Oto-rhino-laryngologiste (ORL)
CHU Strasbourg - Hôpital de Hautepierre
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