
Relecture d'imagerie médicale
Qu'est-ce qu'une IRM cérébrale anormale ?Par Pascaline Olivier le 24/03/2025
La tympanoplastie est une opération du tympan, ou de la membrane qui sépare l’oreille externe de l’oreille moyenne. Cette membrane a pour but de transmettre le son vers l’oreille interne. Dans certains cas particuliers, cette membrane peut se perforer, par exemple à la suite d’un traumatisme ou d’une infection comme une otite. En temps normal, le tympan se referme spontanément en quelques jours ou quelques semaines. Cependant, dans certains cas, il n’arrive pas à cicatriser naturellement. Une tympanoplastie est alors requise.
Plusieurs techniques opératoires peuvent être utilisées, selon le lieu et la gravité de la perforation du tympan. L’intervention a donc deux buts principaux : l’exploration et le nettoyage des lésions de l’oreille moyenne, qu’il s’agisse d’infections ou d’inflammations d’une part, et l’amélioration de l’audition d’autre part (en effectuant une greffe restaurant l'étanchéité du tympan ainsi qu’en réparant les osselets de l'oreille s’ils sont altérés).
Une tympanoplastie est requise dans certains cas particuliers, mais ne doit pas être systématiquement effectuée. En effet, il s’agit d’une opération, qui comme toute intervention, comporte des risques. Un deuxième avis permet de s’assurer de la légitimité de l’opération, selon les maladies potentiellement éligibles à ce traitement. Il permet de fiabiliser un diagnostic et donc d’éviter dans quelques cas une opération inutile. De plus, dans le cas où l'opération est nécessaire, il permet de mettre en place la meilleure technique chirurgicale possible. Un deuxième avis améliore donc le diagnostic et la prise en charge du patient. Il apparaît alors comme primordial pour optimiser le pronostic des patients candidats à la tympanoplastie.
Mais aussi toutes les questions spécifiques que vous vous posez.
Les spécialistes de la tympanoplastie à consulter sont :
Les perforations tympaniques chroniques et otites chroniques de l’oreille moyenne peuvent entraîner une baisse de l’audition voire une surdité. En effet, cette surdité peut être évolutive à cause de l’écoulement permanent de l’oreille, et peut mener à de graves complications.
Le cholestéatome, qui est une tumeur bénigne de fragments de kératine (peau) dans l’oreille moyenne et pouvant engendrer de graves complications liées à une destruction de l’os à leurs contacts, est également une indication de tympanoplastie.
Plus globalement, toutes les infections et inflammations chroniques de l’oreille peuvent justifier une tympanoplastie dès lors qu’elles peuvent mener à des complications.
L’opération peut s’effectuer sous anesthésie locale ou générale, et se faire en hospitalisation traditionnelle ou en ambulatoire. La voie d’approche peut être effectuée de 3 manières : par voie rétro-auriculaire (incision derrière le pavillon), par voie endaurale plus ou moins large (incision sortant du conduit, antérieure), ou par la voie du conduit (incision strictement dans le conduit). La zone perforée ou à renforcer est consolidée à l’aide d’une greffe. Cette greffe peut être rigide (cartilage) ou souple (graisse ou aponévrose). En cas de greffon de cartilage, celui-ci peut provenir de la conque (partie profonde du cartilage de l’oreille) ou du tragus (partie antérieure du conduit). En cas de greffes souples, il est possible d’utiliser l'aponévrose du muscle temporal (enveloppe de tissu fibreux du muscle) ou de petits fragments de graisse, en général prélevés près de l’incision.
Si la chaîne ossiculaire est atteinte, il est parfois possible de restaurer la continuité des osselets. Cependant, si l’oreille est très inflammatoire, ou qu’il y a nécessité de plusieurs temps opératoires, cette reconstruction se fera lors d’un temps ultérieur. Pour remplacer les osselets, des éléments en céramique, en métal ou en téflon (une sorte de polymère) ou encore du cartilage pris au niveau du pavillon de l’oreille sont utilisés.
Si la tympanoplastie est effectuée en raison d’un cholestéatome, en général, plusieurs temps opératoires sont à prévoir, pour vérifier que le processus tumoral n’évolue plus, avant de reconstruire les osselets si nécessaire. En cas de cholestéatome, une exploration de la cavité postérieure de l’oreille moyenne est souvent associée (mastoïdectomie) pour permettre l’ablation complète de la tumeur et pour améliorer la ventilation de l’oreille. Dans les cas les plus récidivants des cholestéatomes, le conduit auditif externe doit être enlevé (technique ouverte) pour éviter une récidive et contrôler l’aspect local.
Dans la majorité des cas, le patient est gardé en surveillance quelques heures après l’opération et sort de l’hôpital le soir (ambulatoire) ou le lendemain. À la suite de l’intervention, des gouttes peuvent être prescrites pour éviter une inflammation et une infection, éventuellement des antibiotiques. Il faut éviter d’exposer l’oreille à l’eau pour avoir une cicatrisation optimale. Il faut également éviter les changements brusques de pression comme dans l’avion pendant la période de cicatrisation. D’autres règles comme ne pas se moucher fortement, éternuer la bouche ouverte ou ne pas faire d’efforts excessifs sont recommandées.
Un rendez-vous est à prévoir 4 à 6 semaines après l'opération avec le chirurgien pour confirmer la cicatrisation complète. Il donnera des indications sur la reprise du sport à cette occasion. Un audiogramme de contrôle est proposé à cette occasion. Par la suite, une surveillance est à prévoir avec un contrôle de l’aspect du tympan et de l’audition, et ce, sur plusieurs années.
En cas de cholestéatome, il faut discuter les plans successifs d’imagerie et les temps opératoires ultérieurs si nécessaire.
Une tympanoplastie permet dans 80 à 90 % des cas la fermeture de la perforation du tympan. En restaurant le tympan, l’opération permet d’éviter les complications possibles d’un écoulement chronique de l’oreille. En cas de cholestéatome, les complications qui découlent de cette tumeur comme la méningite, la paralysie faciale, l’abcès du cerveau, et la surdité complète sont ainsi évités.
Comme toute intervention, une tympanoplastie peut mener à des complications, dépendantes de l’indication opératoire.
Dans les cas de perforations tympaniques, les principaux risques sont :
Lorsque le tympan ne cicatrise pas, des soins locaux ou une reprise de l’intervention sont proposés.
Des risques exceptionnels tels que des troubles de l’équilibre persistants, une dégradation progressive de l’audition, modifications du goût (atteinte de la corde du tympan) ou paralysie faciale peuvent se voir. Ces complications restent néanmoins extrêmement rares et liées à la gravité des lésions inflammatoires et osseuses initiales.
Dans les cas de cholestéatomes ou de poches de rétraction, les risques sont similaires à ceux cités plus hauts, cependant le risque de paralysie faciale, de vertiges, de surdité irréversible ou de surdité complète, et celui de complications méningées sont plus fréquents et dépendent de l’état d’avancement initial de la lésion.
Mise à jour le 01/08/2024 Revue par le Docteur Natalie Loundon
Oto-rhino-laryngologiste (ORL)
CHU - Hospices Civils de Lyon - Centre hospitalier Lyon-Sud (HCL)
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