
Relecture d'imagerie médicale
Qu'est-ce qu'une IRM cérébrale anormale ?Par Pascaline Olivier le 24/03/2025
Les toxidermies médicamenteuses correspondent à l’ensemble des réactions cutanées provoquées par l’administration d’un médicament.
Il s’agit de situations (très) fréquentes, qui peuvent toucher jusqu’à 10% de la population. La grande majorité (90%) sont d’évolution bénigne mais certaines formes rares peuvent mettre en jeu le pronostic vital.
Il existe plusieurs types de toxidermies médicamenteuses, classées selon leur type clinique ou clinico-histologique, leur délai d’apparition et leur gravité. La plupart correspondent à des éruptions cutanées.
Un deuxième avis peut être bénéfique pour le patient dans le cas d’une toxidermie.
Tout d’abord, cela permettra de renforcer la probabilité du diagnostic et d’écarter des diagnostics différentiels notamment des dermatoses inflammatoires « autonomes ».
Puis, le spécialiste pourra expliquer les mécanismes, les précautions à prendre pour l’avenir (médicaments à éviter) et les alternatives possibles au traitement ayant déclenché la toxidermie.
Mais aussi toutes les autres questions spécifiques que vous vous posez.
Le spécialiste à consulter dans le cadre d’un deuxième avis pour une toxidermie médicamenteuse est avant tout le dermatologue.
Il n’y a aucun examen obligatoire à transmettre. En revanche, des photos et une chronologie précise des événements peuvent considérablement aider le spécialiste à répondre à vos questions.
Vous pouvez également transmettre l’ordonnance comportant le médicament incriminé avec sa posologie et la durée de traitement.
Les symptômes surviennent généralement 2 à 3 semaines après le début du traitement.
Il s’agit le plus souvent d’éruptions cutanées sous forme de plaques rouges plus ou moins diffuses, nombreuses et coalescentes, atteignant le plus souvent le troc et les membres voire les muqueuses. Un prurit (sensation de démangeaison) est fréquent.
Certains médicaments peuvent provoquer des toxidermies avec photosensibilité où les lésions inflammatoires sont provoquées ou exacerbées par l’exposition solaire et se situent donc essentiellement sur les zones photo-exposées.
Le diagnostic de toxidermie repose sur plusieurs arguments.
L’anamnèse est très importante et identifie l’historique de la maladie initiale ayant motivé la prescription du ou des médicaments potentiellement incriminés, la nature de ce ou ces dernier(s), le délai d’apparition des symptômes suite à leur introduction, les circonstances d’apparition (exposition solaire par exemple), les signes fonctionnels associés. Il sera également intéressant de chercher des prises antérieures du traitement et les éventuelles réactions cutanées et/ou muqueuses survenues à cette occasion.
Un des arguments majeurs permettant d’arriver au diagnostic de toxidermie est l’amélioration puis la disparition des symptômes après l’arrêt du traitement et la réapparition des mêmes symptômes lors de la reprise de médicaments mais celle-ci peut être dangereuse et la réintroduction volontaire ne peut être envisagée que dans un contexte bien précis et encadré.
Les données de la littérature scientifique concernant le ou les médicament(s) suspect(s) seront prises en compte. En effet, certaines molécules sont plus à risque de toxidermies que d’autres (imputabilité dite extrinsèque).
L’examen clinique définit précisément le type de manifestations cutanées et recherchera des signes de gravité, des anomalies extra cutanées notamment signes généraux, adénopathies, hépatosplénomégalie, ictère etc. L’examen des muqueuses doit être systématique.
Dans la plupart des cas, il n’est pas indispensable de réaliser des examens sanguins ou une enquête allergologique. Ces explorations sont en principe réservées aux cas de toxidermies graves ou en cas de signe d’appel clinique extracutané mais ce point est souvent à discuter avec l’allergologue ou le dermatologue qui posera ou non l’indication à de telles explorations, selon les cas.
La mesure principale consiste en l’arrêt du médicament suspecté. La plupart des toxidermies régressent sans séquelles. On peut également utiliser des mesures symptomatiques telles que les corticoïdes topiques et antihistaminiques.
Dans le cas rare d’une toxidermie grave, une hospitalisation peut s’avérer nécessaire afin de traiter les complications potentielles et un avis spécialisé rapide est donc absolument indispensable en cas de signe de gravité.
Mise à jour le 04/02/2025 Revue par le Professeur Olivier Dereure
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